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Refroidissement de moules : la gamme CoolCast en fonderie

Rampe de buses pulvérisant de l'eau sur deux moules de fonderie en acier ouverts, titre « Refroidissement de moules », gamme CoolCast

En coulée continue, l’acier sort de la lingotière avec une peau solide et un cœur encore liquide. Tout ce qui suit — la qualité de la brame, la présence ou non de fissures, la régularité de la structure — se joue dans le refroidissement secondaire : une succession de rampes de pulvérisation qui arrosent le produit entre les rouleaux. La gamme Cool-Cast™ de Delavan est conçue pour cette étape précise. Cette page explique ce qui distingue une buse de refroidissement secondaire d’une buse de pulvérisation ordinaire, et pourquoi l’uniformité des gouttes y compte davantage que leur finesse.


Pourquoi le refroidissement secondaire est un problème à part

Refroidir de l’acier avec de l’eau semble simple : plus d’eau, plus froid. En réalité, ce qui compte n’est pas la quantité d’eau mais la régularité avec laquelle elle est déposée.

À ces températures, l’eau qui touche la surface se vaporise instantanément et forme un film de vapeur qui isole. Le transfert thermique réel dépend donc de la façon dont les gouttes arrivent, de leur taille et de leur répartition — et non du débit seul. Deux conséquences, qui sont les deux défauts classiques d’une rampe mal conçue :

  • Les flaques. Une répartition irrégulière laisse de l’eau s’accumuler par endroits. Là où il y a une flaque, on refroidit trop ; juste à côté, pas assez.
  • Le refroidissement localement inégal. Il crée des gradients thermiques dans la brame — donc des contraintes, donc des défauts — et il déforme aussi les rouleaux eux-mêmes, qui fléchissent sous l’effet d’un chauffage asymétrique. Un rouleau déformé dégrade à son tour la géométrie du produit.

Le problème à résoudre n’est donc pas « comment pulvériser plus d’eau », mais « comment déposer une quantité de chaleur extraite qui soit la même partout ».


⭐ L’idée centrale : des gouttes uniformes, pas des gouttes fines

La plupart des buses produisent un spectre de tailles de gouttes : quelques grosses, beaucoup de moyennes, une traîne de fines. Ce spectre est la source de l’irrégularité — les grosses et les fines ne transfèrent pas la chaleur de la même façon et ne se déposent pas au même endroit.

Le dessin breveté de la Cool-Cast (brevet américain 6036116) vise l’inverse : produire des gouttes très uniformes entre elles. La propriété qui en découle est celle qui compte réellement — une surface d’échange constante pour un volume pulvérisé donné. Autrement dit, chaque litre d’eau envoyé extrait la même quantité de chaleur, partout et à tout moment.

C’est ce qui rend le refroidissement pilotable. Avec un spectre large, agir sur le débit modifie à la fois la quantité d’eau et la répartition des tailles : deux effets mêlés, difficiles à régler. Avec des gouttes uniformes, le débit devient un vrai paramètre de commande.

La taille elle-même reste réglable. La documentation Delavan donne le diamètre moyen de Sauter en fonction du débit de liquide et de la pression d’air : il évolue dans une plage d’environ 100 à 260 microns, pour des pressions d’air de 30, 40 et 50 PSI (2,1 · 2,8 · 3,5 bar). À débit donné, monter la pression d’air affine les gouttes ; à pression donnée, augmenter le débit les grossit.


Ce que la gamme apporte, point par point

  • Un jet plat « épais ». Sur des angles de 60° à 120°, la nappe n’est pas une lame mince mais un volume, ce qui donne une bonne couverture avec peu de buses. Moins de buses, c’est moins de raccords, moins de points de fuite et moins de maintenance.
  • Un angle constant sur une large plage de pression. Sur beaucoup de buses, changer la pression change la géométrie du jet, donc le recouvrement entre buses voisines. Ici, la couverture reste celle qui a été calculée à l’installation même quand le régime change.
  • Une consommation d’air réduite. À performance égale, la Cool-Cast demande moins d’air que les buses conventionnelles. Sur une coulée continue, qui aligne des dizaines de buses, cela se traduit directement par une charge de compresseur plus faible — un poste d’énergie continu, pas ponctuel.
  • De larges passages internes. L’eau de refroidissement d’une aciérie n’est jamais parfaitement propre. Les passages larges évitent le colmatage — et une buse bouchée sur une rampe, c’est une bande non refroidie sur toute la longueur du produit.
  • Un grand rapport de modulation. La même buse couvre une large plage de débit, ce qui permet d’adapter le refroidissement à la nuance et au format sans changer le matériel.
  • Une construction entièrement inox. Vapeur, calamine, chaleur rayonnée : l’environnement est agressif en continu. L’inox intégral allonge la durée de vie et donc l’intervalle entre deux interventions.
Version Block (CCB)Version Round (CCR)
Jetplat, refroidissementplat, refroidissement
Angles50° – 120°50° – 120°
Débit2,0 – 17,0 US GPM (7,6 – 64,4 L/min)2,0 – 17,0 US GPM (7,6 – 64,4 L/min)
Liquideeaueau
Atomisationréglable par le rapport air/liquide
Matièreinox
Les deux versions couvrent la même plage : le choix se fait sur l’intégration mécanique, pas sur la performance.

La version « Block » : conçue depuis la maintenance

C’est le développement le plus récent de la gamme, et son intérêt n’est pas dans la pulvérisation — il est dans tout ce qui l’entoure. Sur une machine de coulée, l’espace entre segments est compté, les rampes sont difficiles d’accès, et chaque arrêt coûte cher. Le dessin « Block » répond à ces contraintes-là :

  • Des raccords d’entrée parallèles, sans aucun coude. Un coude, c’est un encombrement supplémentaire et un point de fuite en plus. Ici la tuyauterie arrive droit.
  • Pas de réalignement après intervention. La buse revient nécessairement dans sa position d’origine. C’est probablement le gain le plus sous-estimé : sur une rampe, un alignement approximatif se paie en refroidissement inégal — le défaut même qu’on cherchait à éviter.
  • L’orifice liquide se démonte, se nettoie et se remplace sans déposer l’ensemble. L’opération de maintenance la plus fréquente devient la plus rapide.
  • Moins de joints, donc plus robuste. Chaque joint est une fuite potentielle dans un environnement chaud et vibrant.
  • Une entrée de fluide brevetée qui autorise des orifices plus grands à débit équivalent — donc encore moins de risque de colmatage, sans changer le débit calculé.
  • Des entraxes de tuyauterie ajustables pour s’adapter à une installation existante : la rampe n’a pas besoin d’être refaite.

Deux points d’exploitation complètent l’ensemble. D’une part, la tuyauterie parallèle permet d’utiliser des raccords rapides, donc de déposer et reposer les buses sans outil pendant une reconstruction. D’autre part, les composants sont interchangeables : on ajuste les débits d’air et de liquide pour passer d’une nuance ou d’un format à un autre, sans remplacer les buses.

⚠ Un détail de conception qui évite une erreur coûteuse : les tailles de filetage et les raccords liquides diffèrent selon la taille de buse, précisément pour rendre un montage incorrect impossible. Sur une rampe qui aligne plusieurs calibres, une buse montée au mauvais emplacement fausserait tout le profil de refroidissement — et rien ne le signalerait avant le contrôle du produit.

Concrètement : l’entrée liquide passe de 3/8″ à 1/2″ et l’entrée d’air de 1/2″ à 3/4″ à partir du calibre 10 GPM.


Ce qu’on gagne, et où on le mesure

Les bénéfices annoncés par Delavan se vérifient sur trois postes distincts, qu’il vaut la peine de séparer parce qu’ils ne se mesurent pas au même endroit :

  1. La qualité du produit. Un refroidissement plus homogène réduit les gradients thermiques, donc les contraintes internes et les défauts de surface. Cela se lit au contrôle qualité, en taux de rebut et en reprises.
  2. L’énergie. Moins d’air consommé, c’est moins d’heures de compresseur. C’est le poste le plus facile à chiffrer et le plus régulier : il court à chaque minute de production.
  3. La disponibilité. Passages larges, inox intégral, orifice démontable en place, aucun réalignement : autant d’interventions évitées ou raccourcies. Sur une ligne où l’arrêt se compte en tonnes non produites, c’est souvent le poste dominant.

La gamme couvre l’ensemble de la chaîne, de la coulée de brames aux laminoirs à barres, et les développements de Delavan en coulée continue ont été menés avec des aciéries du monde entier — c’est une gamme née de la pratique des sites, pas d’un catalogue.


Questions fréquentes

Pourquoi une buse bi-fluide plutôt qu’une buse à eau seule ?

Parce qu’on veut régler la taille des gouttes indépendamment du débit. Avec une buse à eau seule, les deux sont liés : baisser le débit dégrade l’atomisation. En refroidissement secondaire, où le débit doit suivre la vitesse de coulée et la nuance, cette liaison est précisément ce dont on veut se débarrasser.

Faut-il remplacer toute la rampe pour en installer ?

Pas nécessairement. Les entraxes de la version Block sont ajustables pour s’adapter à une installation existante. Ce qu’il faut vérifier en revanche : les filetages, l’espace disponible entre segments, et la capacité du réseau d’air à alimenter le nombre de buses prévu à la pression voulue.

Comment savoir si mon refroidissement est inégal aujourd’hui ?

Trois signes convergent : des flaques visibles au lieu d’un film régulier, des défauts récurrents toujours au même endroit sur la largeur du produit, et une déflexion des rouleaux constatée en maintenance. Les trois ensemble désignent une répartition, pas un débit.

Block ou Round : comment trancher ?

Les deux couvrent la même plage de débits et d’angles ; le choix est mécanique. La version Block s’impose quand l’espace entre segments est serré, quand la maintenance est fréquente, ou quand on veut supprimer les coudes de raccordement. La version Round reste pertinente sur les montages existants conçus pour elle.


Pour aller plus loin

  • Fiches techniques — la brochure Cool-Cast complète : abaques de taille de goutte, dimensions des deux versions, filetages par calibre.
  • Les buses Swirl-Air™ — l’autre gamme bi-fluide Delavan, pour les applications de refroidissement de gaz et d’humidification.
  • Conception sur mesure — pour une géométrie de rampe particulière ou une contrainte d’intégration spécifique.
  • Nous contacter — pour étudier une rampe, réunissez : format et nuances coulés, vitesse de coulée, débit d’eau par zone, pression et débit d’air disponibles, entraxes existants et espace entre segments.

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