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Cône creux, cône plein, jet plat : comment choisir son type de jet

Trois buses sur fond noir montrant trois formes de jet : cône creux, cône plein et jet plat, titre « Cône creux, cône plein, jet plat ? »

Trois formes de jet couvrent l’immense majorité des applications industrielles : le cône creux, le cône plein et le jet plat. On les distingue facilement sur un schéma ; on les confond souvent au moment de choisir, parce que les catalogues leur attribuent les mêmes secteurs d’activité. Cette page prend le problème par l’autre bout : non pas « pour quelle industrie ? », mais « qu’est-ce que chaque forme dépose réellement sur la cible ? » — car c’est la seule question dont la réponse départage.


La forme du jet est usinée, pas réglée

Avant tout, une précision qui évite bien des malentendus : on ne règle pas la forme d’un jet. Elle résulte de la géométrie interne de la buse, et changer de forme veut dire changer de buse.

FormeGéométrie interneCe qui en découle
Jet platorifice elliptique, intersection d’une rainure en V et d’une cavité hémisphériqueune nappe en éventail, à bords amincis
Cône creuxorifice circulaire précédé d’une chambre de turbulence à entrée tangentiellerotation du liquide, centre vide, film mince, gouttes fines
Cône pleinidem, plus un distributeur multi-fentes en ligne et une veine centralele centre est réalimenté : cône rempli, répartition régulière

Tout le reste — finesse, uniformité, sensibilité à la pression, tendance au colmatage — découle de ces trois dessins.


Ce que chaque forme dépose vraiment

Le cône creux : un anneau, pas un disque

C’est l’erreur la plus fréquente : on imagine un cône plein de gouttes alors que la matière est concentrée sur la périphérie. Sur la cible, l’empreinte est un anneau, pas un disque. Pointé sur une plaque, un cône creux mouille une couronne et laisse le centre presque sec.

Ce n’est un défaut que si l’on attendait un disque. C’est au contraire exactement ce qu’on veut lorsque la cible n’est pas une surface mais un volume de gaz : le film liquide étant mince à la sortie, le cône creux donne l’atomisation la plus fine à pression égale, donc la plus grande surface d’échange pour un même volume d’eau. D’où sa place en refroidissement évaporatif, lavage de gaz, humidification, abattage de poussière.

La gamme couvre des angles de 30° à 140° et des débits de 0,46 à 938 L/min. Plusieurs types sont conçus sans ailettes internes : rien n’obstrue le passage, ce qui réduit le colmatage et laisse le jet se former sans perturbation.

Nos buses à cône creux

Le cône plein : un disque régulier, et qui le reste

Le distributeur interne réalimente le centre : l’empreinte est un disque dont la répartition est à peu près uniforme du centre au bord.

Mais sa vraie qualité n’est pas là — elle est dans la stabilité. La documentation Delavan décrit le cône plein comme produisant « une répartition uniforme sur une large plage de pression ». C’est ce qui en fait le choix des installations dont le régime varie : le profil de dépôt reste le même quand la pompe module, alors qu’un cône creux voit sa finesse et son ouverture bouger avec la pression.

Angles de 10° à 128°, débits de 0,80 à 781 L/min. Deux variantes à connaître :

  • certaines références produisent un jet à section carrée, qui permet de paver une surface sans les recouvrements que des disques imposent ;
  • le type MCN est étudié pour offrir le débit maximal pour un diamètre de tuyauterie donné, avec un très large passage libre : c’est la buse des liquides chargés.

Nos buses à cône plein

Le jet plat : une ligne, faite pour être mise bout à bout

L’empreinte est une bande étroite. Prise isolément, elle ne couvre presque rien — et c’est normal, car le jet plat n’est pas conçu pour travailler seul : il est conçu pour être aligné avec ses voisins.

D’où la propriété la plus importante de cette famille, et la moins connue : ses bords s’amincissent progressivement. Le débit n’est pas constant d’un bord à l’autre de la nappe — il diminue sur les extrémités. Cela paraît être un défaut ; c’est exactement l’inverse. Quand deux nappes voisines se recouvrent, leurs bords amincis s’additionnent pour redonner le débit nominal. Avec des bords francs, chaque zone de recouvrement recevrait le double.

⚠ Conséquence pratique : sur une rampe de jets plats, le recouvrement n’est pas facultatif, il est nécessaire. Des jets juste jointifs laissent une bande sous-traitée à chaque jonction.

Angles de 0° à 110°, débits de 0,46 à 432,80 L/min sous 1 à 10 bar. Le n’est pas une coquille : c’est un jet droit, non étalé, choisi pour la portée et l’impact ponctuel.

Nos buses à jet plat


Monter une rampe : la géométrie avant le catalogue

La largeur couverte par un jet ne dépend pas du débit mais de deux choses seulement : l’angle et la distance. La relation est purement géométrique :

largeur couverte ≈ 2 × distance × tan(angle ÷ 2)

Angleà 20 cmà 30 cmà 50 cm
40°≈ 15 cm≈ 22 cm≈ 36 cm
65°≈ 25 cm≈ 38 cm≈ 64 cm
80°≈ 34 cm≈ 50 cm≈ 84 cm
110°≈ 57 cm≈ 86 cm≈ 143 cm
Largeurs théoriques. ⚠ Ce sont des valeurs de calcul : la couverture réelle est un peu plus faible, car l’angle se referme en s’éloignant de l’orifice sous l’effet de l’entraînement d’air et de la gravité.

Cette table éclaire un arbitrage que l’on rencontre sur toute rampe : pour couvrir une largeur donnée, on peut reculer la rampe ou ouvrir l’angle. Les deux ne se valent pas.

  • Reculer conserve l’angle mais fait perdre de la vitesse d’impact : les gouttes freinent dans l’air. En lavage, l’efficacité chute.
  • Ouvrir l’angle conserve la distance et l’impact, mais étale le même débit sur une surface plus grande : la quantité déposée par unité de surface diminue.

La règle usuelle est de rester au plus près compatible avec l’encombrement et la sécurité, et de choisir l’angle qui donne la couverture voulue à cette distance — puis d’ajuster le nombre de buses.


Le tableau de décision

Votre besoinFormePourquoi
Laver, rincer, dégraisser une bande ou une pièce planejet platrampes juxtaposables, impact concentré sur une ligne
Refroidir ou laver un gazcône creuxsurface d’échange maximale pour un volume d’eau donné
Humidifier, abattre des poussièrescône creuxgouttes fines qui restent en suspension
Arroser uniformément une zone circulairecône pleinrépartition régulière du centre au bord
Refroidir une surface, remplir un volumecône pleinprofil stable même quand la pression varie
Traiter un liquide chargécône plein à grand passage (MCN)débit maximal pour un diamètre donné, colmatage minimisé
Porter loin, frapper un point précisjet plat à 0° (jet droit)aucun étalement, portée et impact maximaux
Grosses gouttes qui ne dérivent pas dans un courant d’aircône creux « goutte de pluie »double chambre de turbulence brevetée, 120°–140°
Gouttes très fines à basse pressionbi-fluide (Swirl-Air™)l’air fait l’atomisation, indépendamment du débit

Trois erreurs qui reviennent

1. Prendre un cône creux pour arroser une surface

Le résultat est un anneau mouillé et un centre sec. Le symptôme est caractéristique : une trace circulaire régulière, avec un intérieur visiblement moins traité. La réponse est un cône plein — pas une augmentation de débit, qui ne fera qu’élargir l’anneau.

2. Aligner des jets plats bord à bord

Sans recouvrement, chaque jonction reçoit moins que le nominal — puisque les bords sont amincis par conception. Le symptôme est une série de bandes régulièrement espacées moins bien traitées, à l’aplomb des jonctions. La réponse est de rapprocher les buses, pas de monter la pression.

3. Chercher la finesse là où il faut de l’impact

Les gouttes fines n’ont pas d’énergie à transmettre : elles freinent dans l’air et s’évaporent. Pour décoller, décaper ou nettoyer, il faut de la masse. C’est particulièrement vrai en nettoyage de cuve, où l’on recherche délibérément de grosses gouttes.


Questions fréquentes

Comment savoir ce que fait ma buse actuelle ?

Le plus simple est de la faire pulvériser sur une surface sèche pendant quelques secondes et de regarder la trace : un anneau désigne un cône creux, un disque un cône plein, une bande un jet plat. Cela vous dit ce que vous avez — et, comparé à ce que vous vouliez, si le problème est un mauvais type de jet ou autre chose.

Peut-on passer d’un cône creux à un cône plein sans rien changer d’autre ?

Souvent, à filetage et débit équivalents. Mais attention : à même débit et même pression, le cône plein donnera des gouttes plus grosses et une répartition différente. Si l’installation était réglée pour une atomisation fine — un lavage de gaz, par exemple — le résultat changera.

Mon jet plat n’est plus rectiligne : il « bave » d’un côté.

C’est presque toujours l’orifice : une amorce d’usure ou un dépôt sur un bord de la fente en V déséquilibre la nappe. Sur les types à queue d’aronde, vérifiez aussi l’orientation — l’orifice est volontairement décalé par rapport à l’axe (de 5° ou 15° selon les types) pour que les jets voisins ne se percutent pas. Un remontage approximatif suffit à détruire ce réglage.

Cône creux ou cône plein pour une tour de refroidissement ?

Les deux existent, et ce n’est pas indifférent. Le cône creux maximise l’échange, mais ses fines gouttes sont emportées par le tirage — d’où des pertes par entraînement. C’est précisément ce que résout le jet « goutte de pluie » : de grosses gouttes régulières, sur 120° à 140°, qui tombent au lieu de dériver.


Pour aller plus loin

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