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Guide des buses de pulvérisation industrielles

Quatre buses de pulvérisation industrielles en inox posées sur de l'acier brossé, titre « Guide des buses de pulvérisation »

Une buse de pulvérisation est une pièce simple : un trou, un corps, un filetage. C’est aussi l’organe qui décide de la qualité d’un traitement de surface, du temps d’un cycle de lavage, de la consommation d’eau d’une ligne entière, et parfois de la conformité d’un produit. Cette page est un guide d’orientation : elle explique les sept données qui servent à choisir, ce qui sépare réellement les grandes familles de jets, et comment lire le catalogue Delavan sans s’y perdre.


Les sept données qui déterminent une buse

Toute sélection revient à ces sept paramètres. Ils ne sont pas interchangeables, et il est utile de les poser dans cet ordre avant d’ouvrir un catalogue :

  1. Le débit — la capacité recherchée, exprimée à une pression donnée.
  2. La pression de service — celle dont vous disposez réellement au point d’injection, pas celle de la pompe.
  3. Le type de jet — plat, cône creux, cône plein, ou bi-fluide.
  4. L’angle de pulvérisation — qui, combiné à la distance, donne la largeur couverte.
  5. Le liquide pulvérisé — sa densité, sa viscosité, sa charge en particules, son agressivité chimique.
  6. La qualité d’atomisation — la finesse recherchée, qui n’est pas toujours « le plus fin possible ».
  7. La matière — inox, laiton, nylon, ou alliages spéciaux.

Les deux premiers vont toujours ensemble. Un débit sans sa pression ne veut rien dire : une buse n’a pas un débit, elle a une courbe de débit en fonction de la pression. C’est la source d’erreur la plus fréquente au moment de la commande.


Les quatre familles de jets — et comment elles sont faites

Le type de jet ne résulte pas d’un réglage : il est usiné dans la géométrie interne de la buse. Comprendre cette géométrie explique la plupart des comportements observés en service.

Le jet plat

L’orifice est elliptique, formé par l’intersection d’une rainure en V avec une cavité hémisphérique. Cette géométrie produit une nappe en éventail dont les bords s’amincissent progressivement — ce qui n’est pas un défaut mais une propriété recherchée : elle permet de recouvrir les jets voisins sur une rampe sans créer de surépaisseur à la jonction.

C’est le jet du lavage, du rinçage, du dégraissage, du revêtement de surfaces planes — partout où l’on traite une bande en mouvement.

Le cône creux

L’orifice de sortie est circulaire, précédé d’une chambre de turbulence à entrée tangentielle. Le liquide y est mis en rotation avant de sortir : la force centrifuge le rejette vers l’extérieur, et le centre du cône reste vide.

Conséquence directe : le cône creux donne l’atomisation la plus fine à pression égale, parce que le film liquide qui sort est mince. C’est le jet du refroidissement par évaporation, du lavage de gaz, de l’humidification et du contrôle de poussière.

Le cône plein

Même orifice circulaire et même chambre de turbulence, mais avec en plus un distributeur multi-fentes en ligne et une veine centrale. Cette pièce réinjecte du liquide au centre : le cône est rempli au lieu d’être creux.

La propriété qui le caractérise n’est pas la finesse mais la régularité de la répartition sur une large plage de pression. C’est le jet du traitement de volume : arrosage, refroidissement, lavage de cuve, tour de refroidissement.

L’atomisation à l’air (bi-fluide)

Ici, l’énergie d’atomisation ne vient plus du liquide mais d’un gaz auxiliaire. Les conceptions se répartissent en deux catégories : mélange externe — par siphon ou sous pression, les deux fluides se rencontrent à la sortie — et mélange interne sous pression, où ils se mélangent dans une chambre avant l’orifice.

C’est la seule famille qui permet des gouttes très fines à basse pression de liquide, et de régler la finesse indépendamment du débit. Chez Delavan, c’est la gamme Swirl-Air™.


L’étendue réelle de la gamme

Un ordre de grandeur vaut mieux qu’une liste : entre la plus petite et la plus grande buse du catalogue industriel, le débit varie d’un facteur supérieur à 2 000.

FamilleAnglesDébitsFiletages
Jet plat0° à 110°0,46 à 432,80 L/min (1 à 10 bar)1/16″ à 1″
Cône creux30° à 140°0,46 à 938,00 L/min1/8″ à 2″
Cône plein10° à 128°0,80 à 781,00 L/min1/8″ à 2″
Plages couvertes par l’ensemble des types de chaque famille. Les plages de pression varient selon les types : de 0,15 bar sur les grandes buses basse pression à 35 bar sur les petites buses à disque d’orifice.

⚠ Un angle de figure bien au catalogue des jets plats : ce n’est pas une erreur, c’est un jet droit, non étalé, utilisé quand on cherche de la portée et de l’impact ponctuel plutôt qu’une couverture.


Ce qui distingue les types à l’intérieur d’une même famille

Une fois la famille choisie, il reste plusieurs types. Ce qui les sépare relève rarement de la performance de pulvérisation : c’est presque toujours une question de construction et d’intégration.

Le nombre de pièces — et ce qu’il vous coûte ou vous rapporte

  • Monobloc. Rien à assembler, rien à perdre, rien à mal remonter. Le plus robuste, et le moins cher à l’usage — mais il faut remplacer l’ensemble quand l’orifice est usé.
  • Deux pièces (corps + chapeau). Le chapeau se change seul : on modifie l’angle ou on remplace la partie usée sans déposer le corps ni toucher à la tuyauterie.
  • Cinq pièces — corps, disque d’orifice, distributeur, bague de maintien et crépine (types WDA en cône creux et WDB en cône plein). C’est la construction des petites buses haute pression : jusqu’à 35 bar, débits de 1,45 à 267 L/min. La crépine intégrée protège l’orifice, qui est la pièce la plus fine et la plus exposée.

L’alignement — un critère sous-estimé

Sur une rampe, une buse mal orientée dégrade tout le recouvrement. Certains types de jets plats portent une queue d’aronde qui garantit un positionnement répétable, avec un orifice volontairement décalé par rapport à l’axe — de 15° sur les grandes tailles, de sur d’autres. Ce décalage n’est pas un détail esthétique : il évite que deux jets voisins ne se percutent, ce qui détruirait la nappe.

L’absence d’obstacle dans le jet

Plusieurs types de cônes creux sont conçus sans ailettes internes. L’intérêt est double : moins de matière dans le passage, donc moins de colmatage ; et aucune pièce ne perturbe la formation du jet.

Dans le même esprit, le type MCN en cône plein est étudié pour offrir le débit maximal possible pour un diamètre de tuyauterie donné, avec un passage libre très large qui réduit fortement le risque de bouchage. C’est la buse des liquides chargés, quand on ne peut pas se permettre un arrêt pour nettoyage.

Les jets particuliers

Deux méritent d’être connus parce qu’ils résolvent des problèmes que les jets standard ne résolvent pas :

  • Le jet dit « goutte de pluie », obtenu par une double chambre de turbulence brevetée : il produit de grosses gouttes régulières plutôt qu’une atomisation fine, sur des angles de 120° à 140°. C’est ce qu’on recherche quand les fines gouttes seraient emportées par un courant d’air — en tour de refroidissement, par exemple.
  • Le jet à section carrée, disponible sur certaines références de cône plein, qui permet de paver une surface sans les zones de recouvrement inévitables avec des cercles.

⚠ Une chose que les catalogues ne disent pas clairement

Si vous comparez les listes d’applications du cône creux et du cône plein dans la documentation Delavan, vous constaterez qu’elles sont identiques : aération d’eau, saumures, traitement chimique, dégivrage de serpentins, contrôle de poussière, condenseurs et refroidisseurs évaporatifs, laveurs industriels, refroidissement de toiture, revêtement, lavage de gaz, tours de refroidissement, lavage de charbon et de gravier, dégraissage, contrôle de mousse, fontaines.

Ce n’est pas une négligence de rédaction : c’est exact. Les deux familles servent les mêmes secteurs, et le choix ne se fait donc pas sur le nom de l’application. Il se fait sur la question suivante :

Voulez-vous traiter une SURFACE ou remplir un VOLUME ?

  • Traiter une surface, ou maximiser l’échange avec un gaz : cône creux, parce qu’il donne la plus grande surface d’échange pour un volume de liquide donné.
  • Remplir un volume, ou déposer une quantité uniforme sur une zone circulaire : cône plein, parce que sa répartition est régulière et reste régulière quand la pression change.

La matière : trois choix, trois logiques

  • Le laiton — économique, d’usinage précis, convient à l’eau et aux solutions non agressives. C’est le choix par défaut en lavage et en arrosage.
  • L’inox — le standard dès qu’il y a corrosion, température, abrasion ou contact alimentaire. C’est aussi la matière des buses les plus grandes et des versions soudées.
  • Le nylon — léger, insensible à beaucoup de produits chimiques, sans effet galvanique. Certains types n’existent d’ailleurs qu’en nylon.

Au-delà, des alliages spéciaux sont disponibles sur les gammes qui s’y prêtent. Et Delavan ne se limite pas à la buse : ses équipes conçoivent et fabriquent aussi bien une pièce unique qu’un système complet de manutention de fluide, et les processus de fabrication peuvent être adaptés aux référentiels qualité propres à chaque industrie.


Notre catalogue en ligne

Le catalogue disponible sur ce site couvre les références industrielles les plus courantes, organisées par type de jet :

La documentation complète — l’ensemble des types, des tableaux de capacité et des dimensions — est réunie sur la page Fiches techniques.


Questions fréquentes

Par quoi commencer si je ne connais aucune des sept données ?

Par ce que vous voulez obtenir, pas par la buse. Décrivez le résultat — « laver une bande de 800 mm de large en continu », « refroidir un flux de gaz », « humidifier un local » — et le liquide. Le débit, l’angle et le type se déduisent de là. C’est aussi la façon la plus rapide de nous poser la question.

Puis-je remplacer une buse par une autre marque de même débit et même angle ?

Mécaniquement, souvent. Fonctionnellement, pas toujours : le débit et l’angle ne disent rien de la répartition à l’intérieur du jet ni de la distribution des tailles de gouttes — et ce sont elles qui déterminent le résultat. Deux buses identiques sur la fiche peuvent donner un lavage différent.

Combien de buses faut-il sur une rampe ?

Cela se calcule à partir de l’angle, de la distance à la cible et du recouvrement souhaité — jamais à partir du débit seul. Les bords amincis des jets plats sont précisément faits pour que les nappes voisines se recouvrent sans former de surépaisseur.

Et si rien ne correspond ?

Des conceptions spécifiques sont réalisables, de la buse unique au système complet, y compris l’installation. C’est l’objet de notre conception sur mesure.


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